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Hollande contre Hollande // Politique friction

Nous sommes le 16 mai 2013. Il pleut.

C’est sa marque de fabrique la pluie. Il s’apprête à donner sa deuxième conférence de presse. Mais il a déjà tout dit hier, devant la Commission Européenne. Il ne la lâchera pas de sitôt sa compétitivité. La politique libérale d’ajustement structurel, il y croit. Lui, c’est Hollande Président.

Au fond de la salle, alors que le Président s’apprête à prendre la parole, il y en a un qui fulmine. Il a connu son jour de gloire le 22 janvier 2012 au Bourget. « Mon ennemi, c’est la finance », c’est lui. Cela lui paraît bien loin. Il est évanescent. Le souvenir qu’il avait laissé dans les mémoires s’estompe. Lui, c’est Hollande Candidat.

Le Président commence son speech, le Candidat en donne les nostalgiques sous-titres. Lire la suite

La mondialisation heureuse de Jean-Marc Ayrault

Pierre Chabaud/Matignon

Pierre Chabaud/Matignon

Jean-Marc Ayrault développe dans une longue tribune publiée dans Le Monde daté d’aujourd’hui sa « vision » du nouveau modèle français qu’il appelle de ses vœux. On a beau chercher parmi les phrases creuses et les généralités faiblardes, il est difficile de trouver un « modèle »,  un point d’horizon commun, un imaginaire. Ça enfonce de la porte ouverte à tout va. C’est poétique comme du Terra Nova. Plus proche de la novlangue d’éditocrate que des discours de Jaurès.

Sur le fond, c’est un hymne au social libéralisme, une déclaration d’amour à la mondialisation.

D’ailleurs, les conséquences du libre-échange et de mondialisation, chimères de gauchistes enragés, sont écartées dès le début du texte :

La crise que nous traversons est d’abord économique et sociale. La tentation est grande d’en reporter la responsabilité sur autrui, d’accuser la libéralisation des échanges commerciaux et financiers, la concurrence des pays à bas coûts et les politiques conduites en Europe. Il n’est pas question de nier les dangers du néolibéralisme et du capitalisme financier : oui, il faut renforcer la gouvernance internationale de l’économie, réguler la finance, promouvoir le juste échange. Oui, les Etats européens doivent s’entendre sur des règles sociales et fiscales communes, et mener une politique de croissance à l’échelle du continent : le président de la République et le gouvernement s’y emploient. Mais n’oublions pas que la mondialisation est aussi l’occasion d’élargir la diffusion de nos produits, d’attirer des entreprises et des emplois et de bénéficier d’innovations venues d’ailleurs. »

Pour un nouveau modèle français Jean-Marc Ayrault, premier ministre, Le Monde, 4 janvier 2013

Jean-Marc, faudrait que tu m’expliques comment tu promeus le « juste échange » (bon, faudrait le définir d’abord) sans remettre en cause la libéralisation des échanges commerciaux et financiers. Et puis, tant que tu y es, tu me diras comment tu veux harmoniser les règles fiscales et sociales européennes sans accuser la concurrence des pays à bas coût. Pas très clair tout ça Jean-Marc, éclaire-nous, je t’en prie… Lire la suite