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De l’absolu au relatif, le patron du CAC 40 gagne à tous les coups

Souvent, un graphique est plus parlant qu’un long discours…

Les patrons du CAC 40 gagnent non seulement plusieurs centaines de fois le SMIC, mais leurs revenus augmentent beaucoup plus vite que ceux du reste de la population :

Evolution des revenus 2004-2010

Quand, de 2004 à 2010, les salaires des patrons du CAC augmentent de 87%, le niveau de vie des 10% les plus riches en France grimpe de près de 15% et celui des 10% les moins riches se dégrade de 1,7%…

La crise ? Quelle crise ?

Source : Insee, Proxinvest

Moscovici, les banques et le changement

Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats.

François Hollande, Discours du Bourget, 22 janvier 2012

Non, mais ça, c’était avant. Tu comprends ?

Maintenant, on s’est rendu compte que la finance avait non seulement des visages, mais aussi des réseaux, des lobbys… Du coup, tu vois, on ne peut pas quand même leur casser leur joujou : la banque universelle.

La banque universelle, c’est tellement pratique. D’un côté, tu spécules sur des CDS, des CDO, des warrants… De l’autre, tu la joues à la papa, tu récoltes l’épargne et octroies (à tes conditions) des crédits. Côté spéculation, tu t’en mets pleins les poches sans trop regarder le risque parce que tu sais que même quand tu perds, tu ne perds pas vraiment. Tout le monde perd, donc on te sauve.

Mais le crédit, c’est nous ! Nous sommes intouchables !
Pour nous sauver l’Etat mettra tout sur la table.

Frédéric Lordon, D’un retournement l’autre, Seuil, mai 2011

Il existe effectivement une garantie publique des dépôts en cas de faillite. Mais plus que cela, un retournement brutal de conjoncture des activités de marché diffuse immédiatement ses effets dans l’économie réelle via l’activité commerciale des banques (le crédit). Et la crise bancaire de 2008 en a montré de nombreux et brillants exemples… Les banques prennent ainsi magnifiquement en otage les pouvoirs publics et les contribuables : mourrez (économiquement) avec nous ou sauvez-nous sans limite.

La séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché devrait donc être la leçon minimale de la crise bancaire. D’ailleurs beaucoup la défendent, de tous bords et dans tous les paysLire la suite