Tagué: Austérité

Mélenchon, le PS et le cercle de la raison

Il souffle sur la vie politique française un vent  d’hystérie. De ceux qui, habituellement, balaient les cieux pré-électoraux de surenchères, fausses promesses et noms d’oiseaux.  Cette tension fait apparaître avec une acuité toute particulière les limites de la pensée autorisée.  Dans une année électoralement blanche, 9 mois à peine après l’élection d’un  nouveau président, elle est le signe d’une crise profonde, une crise économique, sociale et, plus que tout, idéologique.

Le parti solférinien (puisqu’il faut désormais l’appeler ainsi tant il n’a de socialiste que le nom) applique les politiques qu’il combattait (ou faisaient mine de combattre) il y a un an à peine. L’ANI, en débat à l’assemblée cette semaine, en est une parfaite illustration. D’inspiration libérale (plus de fexibilité = moins de chômage), il reprend notamment les accords compétitivité-emploi prônés par Sarkozy en son temps et dont le PS disait alors :

Son projet de contrat « compétitivité-emploi’, c’est la diminution orchestrée des salaires ! Voilà qui est de nature à éclairer les partenaires sociaux sur le véritable agenda du sommet social annoncé par Nicolas Sarkozy dans la précipitation. Or, la diminution des salaires des ouvriers, c’est chacun l’aura compris, moins de pouvoir d’achat, donc plus d’austérité, moins de croissance donc plus de chômage et plus de souffrances sociales pour ceux qui n’en finissent pas de payer les conséquences d’une crise dont ils sont les victimes !

Si la majorité précédente avait proposé le même texte, à la virgule près, le PS serait, sans aucun doute, dans la rue pour s’opposer à ce recul sans précédent du droit du travail. Il en va de même dans tous les domaines : expulsions de Roms, politique européenne, pacte de compétitivité, obsession du déficit, etc. Tout ou presque trace une ligne continue entre les politiques menées par le PS et l’UMP. Lire la suite

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Hollande, le mauvais choix grec

En choisissant d’ignorer crânement la venue, le 21 mai dernier, d’Alexis Tsipras, leader Syriza, premier parti de la gauche grecque aux dernières législatives, François Hollande et le PS flirtaient avec l’erreur historique. En recevant à l’Élysée, dès le lendemain, Evanghelos Vénizélos, Président du PASOK, Hollande affirme un choix, celle d’une Europe de l’austérité, celle de la soumission aux dogmes de la Troïka. Mauvais signe.

Tsipras non grata

Nouvel homme fort de la gauche grecque, Alexis Tsipras venait à Paris pour rencontrer la gauche. Si le Front de Gauche, parti frère de Syriza, lui a réservé un accueil des plus chaleureux, le PS et le gouvernement lui ont sèchement claqué la porte au nez (peut-être avaient-ils perdu les clés).

Alors que la Grèce est en première place dans l’agenda européen et que Syriza pourrait être la première force politique du pays le 17 juin, on a du mal à ne pas voir dans cette fin de non recevoir un fort contenu idéologique.

Le jour de la venue de Tsipras, Laurent Fabius résumait la position du gouvernement :

 Il faut bien qu’on explique sans arrogance à nos amis grecs que s’ils veulent rester dans l’euro, ce qui est je crois une majorité d’entre eux, ils ne peuvent pas se prononcer pour des formations qui de fait les feraient sortir de l’euro.

Sans arrogance, bien entendu. Fabius arrogant, ça se saurait. Il est évident que sans le nommer, Fabius vise Syriza, seule formation politique anti-austérité suceptible d’obtenir un résultat à deux chiffres lors des prochaines législatives.

Mais l’erreur du nouvel occupant du Quai d’Orsay est double. Premièrement, Syriza ne veut pas sortir de l’Euro. Il refuse simplement les conditions posées par la Troïka via le second mémorandum, qui étouffent le peuple grec et mènent le pays droit dans le mur. Deuxièmement, la ligne européenne de Tsipras n’est pas si éloignée de la ligne défendue en apparence par Hollande : mettre la croissance devant l’austérité dans l’ordre des solutions de sortie de la crise européenne.

Sans arrogance, le gouvernement, par la voix de Fabius, pose un immonde chantage au peuple grec : vous votez « bien » (partis pro-memorandum) ou vous sortez de l’Euro. Lire la suite