Mélenchon, un choix courageux

Le résultat du Front de Gauche dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais n’est certes pas à la hauteur des espérances. Il y aura, sans nul doute, des discussions au sein des différentes composantes du Front de Gauche pour analyser cette défaite et en tirer les enseignements nécessaires à l’avancée d’une force politique nouvelle qui, quoi qu’on en dise, confirme son ancrage dans le paysage politique.

Mais les chiens hargneux, les charognards, les pisses-froids ont vite fait d’accuser Mélenchon d’avoir voulu faire le show. Certains iront jusqu’à l’accuser d’avoir fait le jeu du FN.

Or, le Front de Gauche a été, dans la campagne présidentielle comme pour les législatives, la seule force politique à s’attaquer frontalement au FN. Le PS et EELV ayant déserté le champ de bataille depuis des lustres. L’UMP draguant ostensiblement le bleu Marine.

Alors, oui, peut-être la candidature de Jean-Luc Mélenchon était-elle une erreur stratégique – électoralement, à court terme, c’est évident.La stratégie Frontcontre Front est encore trop peu payante, sans conteste. Mais on ne peut pas accuser Jean-Luc Mélenchon d’avoir jouéla facilité. Seprésenter dans la circonscription où le FN a fait un de ses tous meilleurs scores à la présidentielles, n’était pas une évidence. C’était prendre le taureau haineux par les cornes, au risque d’y perdre beaucoup. L’analyse qui sous-tend cette stratégie Front contre Front est double :

–         Le FN verrouille les institutions et accentue le bipartisme via le vote utile, empêchant ainsi l’émergence de forces politiques nouvelles et la respiration démocratique.

–         Le FN est en train de gagner une bataille idéologique à droite et, à terme, il y tiendra une place centrale.

Les résultats du 1er tour des législatives et leurs conséquences confortent largement cette analyse. Le bipartisme en sort renforcé. Et l’UMP, entre l’appel de Morano aux électeurs du FN (qui nous envoie ainsi la Nadine à la Une de Minute, excusez du peu) et le désistement de certains de ses candidats aux profits du FN, sombre inexorablement dans une fusion idéologique avec le parti d’extrême droite, laissant présager le pire pour la suite…

Le choix de Jean-Luc Mélenchon était courageux et il n’y a rien à regretter. Le Front de Gauche peut se regarder dans le miroir, droit dans les yeux, et être fier de cette campagne. C’est une force jeune qui s’installe, élection après élection, comme une composante incontournable de la gauche.

La question du combat contre le FN (et de ses modalités) reste entière et ne peut être la lutte du seul Front de Gauche.  Il faudra, plutôt que le sabotage permanent auquel le PS et EELV se livrent, qu’ils se retroussent les manches et se joignent au combat…. Rêvons un peu.

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