Mélenchon, un parachutage. Vraiment ?

Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature à Hénin-Beaumont et les coups tombent, vifs et drus, comme à leur habitude.

On entend, sans relâche, éditorialistes et politiques, dans un chœur harmonieux, parler du parachutage de Mélenchon. Tiens, donc… Ouvrons un dictionnaire et cherchons le mot « parachutage » :

Parachutage, nom masculin

–         Familier. Action de parachuter quelqu’un dans une fonction, un emploi, de l’y nommer d’une façon inattendue.

Deux éléments importants entrent en dissonance avec cette définition dans le cas de la candidature du Front de Gauche pour la 11ème circonscription du Pas-de-Calais.

Le premier découle directement de la fonction de député, représentant du peuple et non d’un territoire. L’Assemblée Nationale définit d’ailleurs clairement ce rôle :

Chaque député, bien qu’élu  dans un cadre géographique déterminé, est le représentant de la Nation tout entière. Ainsi, à l’Assemblée nationale et dans sa circonscription, chaque député agit et parle au nom de l’intérêt général et non pas au nom d’un parti politique, d’un groupe d’intérêt ou d’une région.

La notion de parachutage pour les élections législatives n’a donc en théorie pas de sens puisque le député doit participer à un projet d’ampleur nationale et en aucun cas défendre son territoire à l’Assemblée. Ce n’est que le mode de scrutin actuel qui induit une notion d’ancrage territorial et dévoie la vision que nous avons de cette élection.

Ensuite, il y a dans « parachutage » un sous-jacent de facilité. Un siège facilement gagné. Comme on en voit souvent… (On pense inévitablement à François Fillon dans le 7ème arrondissement, une élection qui serait imperdable).

Or, le choix de Jean-Luc Mélenchon est le choix d’un combat républicain dont l’issue est loin d’être assurée. Il y poursuit le combat « Front contre Front », engagé pendant les présidentielles, afin de dégonfler la baudruche FN, véritable verrou et verrue démocratique. Il pose un débat démocratique majeur que le PS n’ose verbaliser ou seulement du bout des lèvres.

Si c’est un parachutage, il est sans parachute.

Et dans ce contexte, une (in)certaine gauche, comme dirait l’autre, donne de petites leçons de moralité politique et de modestie. Ça vous donne de petites envies d’en parachuter certains….

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