Au pied du mur

Le changement, c’est maintenant

Au terme d’une campagne symboliquement marquée à gauche, où la Finance était désignée comme l’impérieux ennemi, sans visage, François Hollande prend la tête de la France dans une situation périlleuse. Très vite l’heure du choix va sonner. Les marchés se tiennent dans les starting blocks, prêts à gonfler le spread et le CDS au moindre écart à la loi naturelle de l’austérité. Ses austères émissaires ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. Merkel pose déjà des conditions qui empêcheraient toute action.

Emmanuel Todd avait fait parler de lui en tentant un audacieux pari : l’hollandisme révolutionnaire. Misant sur la force des évènements à venir pour faire rougir le rose pâle, il pose le choix : 

 Un président de gauche devra soumettre les banques ou se soumettre.

Et sa conséquence :

Pour Hollande ce sera le New Deal ou la « papandréouisation ».

Ce pari pascalien pourrait s’avérer au final bien coûteux si Hollande fait le choix de la soumission à l’idéologie portée par laTroïka. Les discussions autour du nouveau traité européen seront cruciales. La joie d’avoir fait sortir le nabot par la grande porte, pourrait être de très courte durée.

Premiers signes

Les premiers signes donnés par le nouveau Président ne sont pas très encourageants. Pas un mot au soir de sa victoire pour les 3,5 millions d’électeurs du Front de Gauche qui sont allés aux urnes plutôt qu’à la pêche, pour les militants et militantes qui ont continué la campagne contre Sarkozy, pour Jean-Luc Mélenchon qui a lancé un appel sans équivoque dès le soir du 22 avril. Silence radio. 

Le Modem aura le droit à quelques mots et Bayrou à des œillades appuyées. Les possibles prémices d’une alliance font frémir la gauche radicale. Bayrou est et restera un homme de droite, libéral et conservateur.

Sur le résultats des élections législatives en Grèce, le silence du nouveau Président et du PS sont encore plus assourdissants. Pas une ligne, pas un mot. Rien. Comme si la situation politique du pays placé à l’avant-garde de la stratégie du choc à l’œuvre en Europe ne comptait pas. Un PASOK qui perd 30 points après avoir courbé l’échine face à la Troïka et accepté sa politique de régression sociale. Une alliance de gauche radicale, Syriza, qui triple son score de 2009 et devient la 2ème formation politique du pays. Rien.

J’espère que ce résultat sonne aux oreilles du Président comme une mise en garde contre toute tentation face aux sirènes libérales. Mais espérer ne suffira pas.

Il faut continuer la lutte. Dans les urnes, pour porter à l’Assemblée des députés radicalement à gauche, gardes fous salutaires et vitaux dans les années qui viennent. Dans la rue et tous les espaces d’expression, pour montrer que nous sommes nombreux à vouloir, au delà de l’alternance qui nous permet de déserrer l’étau (au moins momentanément) d’une droite xénophobe-libérale, une réelle alternative. Sinon, TINA aura encore de beaux jours devant elle…

Alors François, on t’a à l’œil et on va pas te lâcher ! 

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